Neo4j ouvre sa base de données graphes en cloud public

Le service Aura, qui représente la version de Neo4j disponible en cloud public, a été annoncé il y a quelques mois. Il est maintenant disponible et les tarifs sont annoncés.

Dominée par les bases de données relationnelles depuis plusieurs décennies, l’architecture des systèmes d’information s’ouvre peu à peu aux bases de données graphes. Même si les concepts théoriques des bases de données graphes datent de la fin des années 60, il faudra attendre le début des années 2000, et la création de Neo4j, le pionner, pour que cette théorie soit transplantée dans un produit commercial.
Quinze ans après, c’est maintenant en cloud et en mode «Data Base as a Service» que Neo4j propose sa base de données graphes, au travers de son service auto-administré, « Aura ».

Argument clef de Aura, sa disponibilité

Votre base de données graphes, chargée dans Aura, est disponible en permanence. Selon Neo4j, les mises à jour logicielles, les patchs de sécurité, les optimisations, seront réalisées sans devoir éteindre les bases de données clients. Cela sera donc transparent et la disponibilité de la base est garantie par Neo4j.
Du point de vue sécurité, Neo4j annonce également que chaque modification de votre base de données, sera écrite en parallèle sur trois disques différents, et que Aura procèdera à des sauvegardes quotidiennes, vous permettant si nécessaire de revenir à la version de la veille.

Attention à votre budget : pas facile d’estimer votre consommation

Pour ouvrir votre compte Aura et commencer à charger vos données, il suffit de vous inscrire en ligne… et de donner votre numéro de carte de crédit. Le service n’est évidemment pas gratuit. Mais pour l’instant, aucune période de test ne semble proposée. L’idée est plutôt de tester en local avec la version gratuite de Neo4j, puis de basculer sur Aura lorsque vous êtes prêt. La facturation est donc immédiate.

Comme toujours dans le cloud public, le tarif est complexe, et établir son budget sera difficile. Vous pouvez commencer avec une configuration simple, 1 Go de mémoire vive (n’oubliez pas que la base de données graphes fonctionne en mémoire), 0,2 CPU, et 2 Go de mémoire de stockage. Que pourrez-vous réaliser avec cette configuration ? Aucune idée, et cela dépendra certainement beaucoup de la manière de programmer votre application. Cette configuration d’entrée vous coutera 0,09 USD/heure ou 64,80 USD pour un forfait mensuel. A l’autre bout de la tarification, une configuration avec 64 Go de mémoire vive vous coutera 4127,20 USD par mois.

Point très important, une fois votre base de données chargée, il n’est pas possible de la mettre en pause. Elle fonctionnera, sera disponible et donc facturée, 24 h sur 24, jusqu’à ce que vous l’éteigniez. Si vous « oubliez » votre base de données, même si vous ne l’utilisez pas, votre carte de crédit vous le rappellera à la fin du mois !
Mais face à cette question, Neo4j rappelle que vous pouvez « éteindre » votre base de données, et recharger de nouveau les données, autant de fois que vous le souhaitez. Cela risque d’être fastidieux, mais vous pourriez éteindre chaque soir votre base, récupérer les données, et la recharger le lendemain matin… Sans doute est-il plus réaliste alors de penser au forfait mensuel proposé par Aura.

Un excellent outil de prototypage

Le caractère extrêmement sensible des données et des relations créées par les entreprises autour de leurs clients, leurs employés, leurs opérations… les conduira certainement à privilégier encore pour quelques temps, une mise en production en interne. Mais la disponibilité de Aura pourrait être un accélérateur fantastique de cette technologie. La réalisation de preuves de concept et leur test grandeur nature, avant le passage en production, pourra se faire sans risque, ni technique ni financier, dans Aura.

Aura pourrait être la clef de la popularisation des bases de données graphes. Seule ombre au tableau, le faible nombre de compétences sur ces technologies dans les départements informatiques. Si les bases de données graphes étaient plus enseignées dans les écoles d’informatique, la prochaine génération débarquerait en entreprise avec les connaissances nécessaires en Cypher, le langage de Neo4j qui devient peu à peu un standard. Le fait que Neo4j ait fait le choix de l’open source est également un point fort de leur stratégie.